« Un peu partout dans le monde, des émokids sur le retour bavent leur inutile et bourgeoise dépression dans de minables projets solos étiquetés « depressive » ou « suicidal » Black Metal (ils ont inventé un acronyme pour cette effroyable pathologie désormais, il faut appeler ça le « DSBM »). Tous ont au moins un millier d’amis sur « myspace » et entretiennent leur vie minuscule sur internet, s’entre-paluchant les uns les autres à coups de mp3 mal enregistrés, se figurant qu’ils se hisseront au panthéon du Black Metal en enregistrant des morceaux mono-riffs où leurs péroraisons de crécelles grassouillettes en mal d’ego font office de « vokills ».
En somme, tout l’homme moderne dégoûté de lui-même qu’annonçait Nietzsche, la jeunesse blanche sinistrée, produit de notre veule époque. Chiffes déjà bizutées, rackettées, humiliées sans broncher dès l’Ecole primaire par Momo et ses frères, re-humiliées par la cops Dark Cynthia qui va se faire plomber les molaires en traître par Boubacar et ses frères, re-bizutées, humiliées par Josiane de « Pôle Emploi », elle aussi elle sait faire…
Black lavettes à la morale d’esclave qui n’ont même pas la décence de se perdre aux cachetons, qui se tailladent les bras… mais pas trop profond parce que ça fait « trop mal » et parce que ça risque de faire de grosses cicatrices que maman va voir cet été sur la plage, qui s’enfilent du HYPOTHERMIA comme du Xanax, sans sourciller, avant que de se gouiner sur une autre insipidité, qui se rendent à un concert de NOCTURNAL DEPRESSION comme on va à une soirée Téléthon®… Eh oui, la « scène », dégoulinante de bons sentiments, a aussi son quota COTOREP…
Tolérer « toutes ces coquettes punaises dont l’ambition insatiable est de sentir l’infini jusqu’à ce que l’infini sente la punaise » comme l’écrivait Nietzsche dans sa Généalogie de la morale (1887) nous est certes difficile. Comme de voir ces mollusques aux culs de plomb grouiller jusque dans les gigs, bras levés, portables au poing, telle une colonie de délicates lucioles, pour « filmer » des groupes inoffensifs qui mâtent leurs grolles… quand nous avons connu, haletants, la fièvre des moshpits du Thrash et du Death où tu perdais une dent, un cartilage, une arcade si tu ne donnais pas la première estocade… Bastons confraternelles à mille lieux de leurs querelles femelles… aux motifs dérisoires souvent, donc éminemment profonds pour eux. Ça démarre par des : « Pourquoi tu m’as bloqué sur Facebook, heiin ??!? » et ça se finit au mieux par des griffures, des pincements ou des tirages de cheveux, au pire par des ongles cassés… Autre temps, autre mœurs… Et puis, leurs « appels au suicide » ne sont malheureusement pas suivis d’actes (faites un geste pour la planète, merde…). De notre côté, on résiste tant bien que mal aux appels au viol. Tiens, par exemple appeller son groupe TOTALSELFHATRED… une manière de dire : « Je me déteste, je suis coupable. Je le crie haut et fort, je veux que tu le saches. Heeeelp ! » équivaut à ces injonctions qui flashent dans nos pupilles : « Mets-moi sous curatelle pour de bon ! Punis-moi ! Défonce-moi !! Détruis-moi la face à coup de rangeos !!! ». Car si « voir souffrir fait du bien, faire souffrir plus de bien encore (…) la cruauté était la réjouissance préférée de l’humanité primitive et entrait comme ingrédient dans presque tous ses plaisirs. » (ibid.). Ahhh… vis comica quand tu nous tiens… T’as pigé, à La mesnie on est plus sado que maso, au rebours du BMeux eunuque moderne qui ne fait du mal qu’à lui-même exclusivement… Et puis, hongre à la demi-molle, pardonne donc ta Dark Pouf, tu sais pas t’en servir et elle a envie de vrais étalons bien durs de notre pedigree… »
(L’Onaniste & L’Atrabilaire, interview de WOODS OF INFINITY, in la revue La mesnie Herlequin # 1, à paraître)

le 28 mai 2011
J’ai cru que c’était La Famine sur la photo, j’ai eu peur. Néanmoins, ça aurait expliqué beaucoup de choses…
le 3 juin 2011
Ok pour cracher sur les groupes immondes de « bedroom BM » (terme qui englobe les dépressifs, les black legions-like, les doom-black etc.), mais alors faire de ces bouffons les avatars du jeune blanc déchu… mouais. Faut arrêter Soral.
le 12 juin 2011
« portables au poing, telle une colonie de délicates lucioles, pour « filmer » des groupes inoffensifs qui mâtent leurs grolles… »
Référence au Shoegaze ?
le 18 juin 2011
référence au public bm actuel.
le 21 septembre 2011
« On the night of September 9, Jonas Bergqvist (a.k.a. B) — the founding member, main composer, and guitarist of the Swedish « narcotic metal » band LIFELOVER — died unexpectedly. »
(http://www.roadrunnerrecords.com/blabbermouth.net/news.aspx?mode=Article&newsitemID=163146)
On dirait que vous êtes exaucés… C’est un bon début…
@Lycaon: « shoegaze », ça veut dire « regarder ses chaussures ». Faut pas être sorti de Saint-Cyr pour percevoir l’allusion.
le 27 septembre 2011
Ouais sauf que LifeLover c’est pas du shoegaze. A la limite c’est plutôt du « métal dépressif & cynique » avec des touches de BM par moment. Un groupe un peu plus original (et sincère, contrairement à Shining et le faux suicide de Kvarforth) que la moyenne, en somme…
le 3 octobre 2011
Cette article cause du « DSBM » en général.
le 4 octobre 2011
@ Paga: Tu arrives encore à t’y repérer avec toutes ces étiquettes ? Je trouve qu’il faut s’accrocher quand on lit des styles du genre « Trash-black-depressif-barré-culte-à-tendance-brutale-garage » dans les chroniques…
le 5 octobre 2011
@Paga
Je te cite : « On dirait que vous êtes exaucés… C’est un bon début… »
Quel est le lien entre LifeLover et le « DSBM » ? Personnellement je n’en voie pas.
Tu peux ironiser si ça te chante sur des groupes type Forgotten Tomb, Nocturnal Depression et autres formations de suicidal BM plus ou moins crédibles, mais n’oublions pas que le côté « dépressif » est INHERENT au Black Metal. « A lost forgotten sad spirit », « Remains of a ruined, dead, cursed soul », « Suicide in Dark Serenity »… Tout ça ne te dit rien ?
le 5 octobre 2011
« Dawn of the black hearts » est l’opus le plus suicidal de Mayhem je trouve.
le 10 octobre 2011
Se scarifier, c’est être un déchet dépressif voire suicidaire d’où Depressive Suicidal BM (DSBM):
http://userserve-ak.last.fm/serve/500/12931555/Lifelover+From+Harry+B+James+20080928.jpg
Du reste, je n’aime pas particulièrement LifeLover. Pour moi c’est juste un succédané teen faiblard de : http://youtu.be/NR0oBgLZTU0
le 12 octobre 2011
« Se scarifier, c’est être un déchet dépressif » >> paye ton cliché…
le 15 novembre 2011
Je retire ce que j’ai dit, il est très joyeux, très très joyeux, très très très joyeux:
http://youtu.be/iQxDV1RcBvs
le 25 novembre 2011
LOooOOL
Il est en mode micro-sexe le Kim Carlsson là-dessus !
le 2 décembre 2011
C’est sur qu’à côté d’Iggy Pop, sur ce coup là, « c’est un peu court, jeune homme ».
le 5 décembre 2011
Moi j’ai tout compris quand l’organisateur d’un concert « metal » ou on jouait s’est plein parcequ’un mec pogotait en montrant son cul, et que c’était choquant pour les enfants… Le meme s’est plein plus tard qu’on aie de la bière sur scène. Rire ou pleurer?
le 12 mai 2012
Le genre « émo » réunit juste des ados pré-pubères complexés qui n’ont pas eu leur xbox à noël et qui se sont pris un vent sur facebook, des petites fiottes, des lopettes, américains. Par contre quand j’écoute la Dryade de Gris j’ai tout sauf envie d’écorcher un mioche qui veut agir différemment des autres. Brandir son téléphone lors d’un concert, c’est autre chose. Je ne milite pas pour ce genre, que je n’aime pas, au passage. Je trouve juste dommage que le DSBM s’apparente à l’image d’un glandu. Les émos ont réalisés que leur pseudo-mouvement est devenu trop banal, connu, et se tournent vers autre chose de plus « dark », le nouveau-né DSBM. Il existe des groupes qui ne méritent pas le cliché qu’on leur a imposé. On leur a carrément imposé un genre.
le 2 décembre 2012
Total Support cet article.
Le problème est que si l’on se met à réfléchir du point de vue nietzschéen, il faut aller jusqu’au bout, et reconnaître dans le BM TOUT ENTIER le symptôme du nihilisme, soit un des avatars « limite » du christianisme dans la mesure expresse où tout n’y est que haine, ressentiment, malheur, putréfaction et paysages d’hiver… ce qui manque à notre époque, pour résorber le nihilisme, c’est une musique authentiquement TRAGIQUE, qui fasse surgir du sein de la joie la plus pure la souffrance suprême, et vice-versa ; chose que le BM, par définition, est incapable de faire advenir, sinon ça ne serait tout simplement plus du BM. Le BM, c’est un peu le Diable qui toujours dit Non (pour reprendre Goethe), et qui essaie de placer le Non avant toute chose, c’est-à-dire de secondariser le Oui. Or on oublie que le non toujours se nourrit du Oui…